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Définition du trottoir et pistes sur trottoir

La démarche du Code de la rue vise à pacifier les relations entre tous les usagers par l'inscription dans le code de la route du devoir de prudence à l'égard du plus vulnérable. Malheureusement aujourd'hui il n'est pas rare que des aménageurs s'appuient sur ce beau principe pour mettre en conflit inévitable les plus vulnérables entre eux, les piétons et les cyclistes. On voit donc fleurir, comme à Mérignac, des pistes sur trottoir, stressantes aussi bien pour les piétons frôlés craignant d'être heurtés que pour les cyclistes peu aguerris risquant la chute. La simple application de la Loi handicap devrait normalement les interdire. A plus forte raison, si dans le code on inscrivait la définition du trottoir.

La curiosité du Code de la route français est de définir précisément chaque élément de la route sauf ce que le commun des martels appelle un trottoir. Il y est fait allusion en général par les termes "accotements" ou "espaces affectés aux piétons", et  ces dernières années le mot apparaît dans quelques articles énumérant les sanctions pour "stationnement sur les trottoirs".

La définition du trottoir dans le Code renforcerait la contrainte que donne la Loi handicap de 2005 de rendre repérable et détectable  le cheminement des piétons. On peut admettre qu'un trottoir très large puisse héberger, en plus du cheminement large et confortable affecté aux piétons, des usages aussi  divers que des terrasses de cafés, des kiosques à journaux, des sanisettes. En revanche l'installation d'une piste cyclable accolée au cheminement piétonnier représente un danger et un stress par sa proximité, plus particulièrement pour les piétons âgés ou handicapés, et les enfants.

Benoît Hiron du Certu, organise les débats des ateliers Code de la rue au Ministère du développement durable. Son conseil aux aménageurs est de s'abstenir de créer des pistes sur trottoir car lorsque la situation sera débloquée ils auront à faire les aménagements nécessaires pour les rendre repérables et détectables. Il leur serait moins coûteux de faire la piste en léger dénivelé (2cm) par rapport au trottoir, ou bien séparée par de la végétation ou des bordurettes bien détectables. Le trait de peinture, ou la coloration du revêtement peuvent convenir à des personnes pas trop sévèrement atteintes d'un handicap visuel mais absolument pas à une personne aveugle se guidant à la canne et au pied. 

 

Définition du trottoir, où en est-on ?

Benoit Hiron et Olivier Baille   22-09-2010

Dans le cadre de la démarche code de la rue, un chantier concerne la définition du trottoir. Les réflexions en cours portent sur sa définition et les éléments à prendre en compte. Il y a convergence sur les principes selon lesquels "un trottoir est une partie de la route affectée à la circulation des piétons, distincte de la chaussée et de tout emplacement aménagé pour le stationnement. Sa limite est repérable et détectable."

Ceci signifie qu’à terme pourrait apparaitre l’obligation de créer cette distinction entre les espaces favorable aux personnes à mobilité réduite notamment les personnes aveugles ou malvoyantes dans le droit fil de la loi 2005 sur l’insertion des personnes en situation de handicap.

Concrètement la distinction avec la chaussée, signifie une forte évolution : le trottoir et la chaussée ne peuvent faire un. Ceci est vrai pour les voies de circulation des véhicules, mais aussi tout particulièrement pour la piste cyclable qui est définie dans le code de la route comme une chaussée. C’est également vrai pour les places de stationnement qui ne peuvent faire un avec le trottoir.

Les notions de repérable (visuellement) et détectable (pied ou canne), bloquent l’introduction réglementaire d’une définition, car elle nécessite préalablement que ces notions soient précisées et techniquement quantifiables pour permettre objectivement ensuite de déterminer ce qui répond à la repérabilité et à la détectabilité. Des travaux sont d'ores et déjà en cours.

Que ces réflexions aboutissent ou non à une évolution réglementaire dans le cadre de la démarche, les collectivités maitre d’ouvrage pour les créations ou la requalification de voirie ont tout intérêt à prendre en compte ces principes dans leurs cahiers des charges.

Ainsi, il est souhaitable de s’interdire la réalisation de piste cyclable au niveau du trottoir séparée par une simple peinture pour les projets neufs, de même de s’interdire d’identifier par un simple marquage la présence d’un stationnement 2RM ou automobile à hauteur d’un trottoir, ou encore de proposer du stationnement pour véhicule motorisé en amont immédiat d’un passage piéton (5m sans avancée de trottoir, 3m autrement).