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Sommaire des lettres bimestrielles

Lettre Bimestrielle n° 12 - Janvier - Février 2005

 

 

Camion et Ferroutage

 

Les marchandises peuvent être transportées par le rail de différentes manières :

- Wagon spécialisé :citerne, frigorifique

- Transport combiné : transfert d’un container d’un camion sur un train

- Ferroutage : le camion entier est mis sur le wagon

En France le ferroutage est encore au stade des essais. Il comporte des handicaps techniques très sérieux :

Pour le transport d’un semi remorque de 42 tonnes, la charge utile est de 30 tonnes, le poids mort le tracteur de 12 tonnes. Le coût de traction est donc aggravé.

Pour soumettre le convoi aux exigences du gabarit (tunnels, ponts) le wagon doit être surbaissé : les roues sont plus petites, elles tournent donc plus vite à vitesse égale et les boîtes d’essieux chauffent davantage. Pour minorer l’usure il faut par conséquent diminuer la vitesse.

La Suisse pratique ce genre de transport pour protéger ses vallées en contingentant le nombre de camions et en obligeant les autres à user du ferroutage. Mais cette option s’accomplit au prix de subventions, de limitations techniques et dans le futur, d’investissements énormes.

En France le transport combiné s’est développé depuis plusieurs dizaines d’années, mais il y a des obstacles. La SNCF a dû effectuer de lourds travaux pour augmenter le gabarit des tunnels( en abaissant les voies) et en n’augmentant pas trop les temps du transport.

En outre les destinataires des containers n’ont pas forcément une voie de desserte. Il faut donc les transférer sur des camions d’où moyens de manutention et perte de temps.

Dans les conditions actuelles le transport par rail d’un container sur moins de 100 km ne peut pas concurrencer la route.

Le temps de transport ferroviaire devient prépondérant par rapport à son coût car c’est le temps d’immobilisation d’un capital. La souplesse l’efficacité du transport par camion rendent celui-ci plus compétitif que le train même sur de longues distances. D’autant que les sociétés de transport routier ne sont pas toujours très strictes en matière de respect de législation du travail et que les taxes sur le carburant ne paient pas l’usure des chaussées (l’usure occasionnée par un camion est sans commune mesure avec celle causée par une voiture), pas plus que les dégâts environnementaux.

La concurrence Rail - Route est donc faussée dès le départ. Et l’avenir n’incite pas à l’optimisme(à court et moyen terme) car la SNCF a surtout le souci d’équilibrer ses comptes en réduisant les pertes de sa branche Fret.

Par ailleurs le Plan Climat (sic) du Gouvernement ne mentionne rien au sujet du transport routier alors que celui-ci est le principal responsable de la pollution.

Seule une politique très volontariste redonnant à la SNCF un statut de véritable service public et imposant une prise en compte de tous les facteurs actuellement oubliés tels que l’impact du transport routier sur l’environnement et les infrastructures, les conséquences sur la santé de la population, pourrait inverser la tendance vers « un scénario catastrophe »

Autant dire que ces conditions ne sont pas réunies et qu’on ne prend pas le chemin pour qu’elles le soient.

 

Source « roulez camions » de Philippe Laville dans la revue « Pondération », Bulletin N°61 de la Ligue Contre la Violence Routière.

 

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