Les Droits du Piéton en Gironde lutte pour le confort et la sécurité des déplacements à pied

Lettre Bimestrielle n° 6 janvier - février 2004

 

 

Un accident piétonnier

Récemment, l’un de nos amis piétons s’est vu renversé sur un passage pour piétons par une automobile roulant vraisemblablement à vive allure. Nous profitons de cette « Lettre » pour vous conter cette aventure et vous donner quelques conseils sur la conduite à tenir en de telles circonstances.

Notre ami rentrait donc d’une consultation effectuée dans le cadre de son travail et venait tout juste de garer son véhicule lorsqu’il fut percuté par une automobile alors qu’il se trouvait sur le passage dit « protégé ». Sous la violence du choc il fut projeté en l’air et se retrouva sur le capot, sa tête allant heurter le pare – brise. Il tomba alors dans le coma et ne se réveilla qu’aux urgences de l’hôpital Pellegrin. Après examen, il s’avéra que notre ami n’avait pas de traumatisme crânien et qu’il s’en tirait avec quatre cotes cassées et un épanchement sanguin pulmonaire. Il resta près de huit jours à l’hôpital et il est maintenant en phase de consolidation en attente de sa guérison complète et du traitement de son dossier en vue du versement de ses indemnisations. Notre ami ne se rappelle absolument de rien ; ceci est très fréquent lorsqu’il y a coma initial ; comme une grande majorité d’accidentés, il ignorait totalement les précautions à prendre ainsi que les diverses démarches à entreprendre. Le traumatisme résultant à la fois du choc et de l’accident par lui même a fait que notre ami était littéralement déboussolé durant les quinze jours qui suivirent son accident. Les conséquences de cet accident auraient pu évidemment être beaucoup plus graves, toutefois, celui-ci constitue un véritable cas d’école en matière de conduite à tenir en de telles circonstances. Notre ami a eu la chance de connaître un autre ami piéton qui a pu immédiatement le soutenir et l’aider. Voici en quelques lignes l’essentiel de ce qu’il faut faire ou ne pas oublier :

Chaque accident a sa particularité, toutefois, certaines règles sont communes à tous.

- Lorsqu’il y a dommages corporels, un procès verbal doit être établi par la police ou la gendarmerie. Il faut donc s’assurer du bon établissement de celui-ci, s’assurer de même que toutes les personnes concernées ont été entendues, notamment les témoins éventuels et au besoin faire un appel à témoin. Parfois, il peut être utile de prendre des photos. Pour exemple, notre ami ayant été ramassé en dehors du passage protégé, le conducteur du véhicule affirmait dans sa déposition, que la victime se trouvait en dehors du passage au moment du choc….pas de chance puisque deux témoins affirmaient le contraire ! A  noter qu’un tel comportement de la part du conducteur est assez fréquent…..

-    Il faut s’assurer qu’un certificat initial ait bien été établi par le service hospitalier des urgences. Ce certificat doit être exhaustif et prendre en compte la moindre égratignure.

Le certificat initial et le procès-verbal constituent les documents essentiels de base de la procédure. De même en sortie d’hôpital, un certificat doit faire état des jours d’ITT ( Incapacité Totale Temporaire )

Il faut contacter son assurance et déclarer objectivement les faits ; se constituer un dossier contenant tous les documents originaux dont il ne faut pas se séparer ( ne transmettre que des photos copies).

Selon la gravité des dommages corporels il peut être envisagé de porter plainte. A cet égard, les circonstances de l’accident sont également à prendre en considération. La plainte engage une procédure judiciaire et écarte donc un règlement direct avec les compagnies d’assurance. A noter que depuis la loi du 5 juillet 1985, dite loi Badinter, les assurances sont tenues d’indemniser tout accident corporel entre véhicules  et piétons, quelque soit la faute du piéton, hors attitude suicidaire ; la compagnie adverse dispose de trois mois pour proposer une indemnisation . En conséquence, les plaintes relevant d’accidents piétonniers sont souvent rejetés par les tribunaux.

-     La consolidation sera prononcée par un médecin expert désigné par l’assurance adverse. La loi autorise la victime de se faire accompagnée lors de cette consultation, par le médecin expert de son choix…..ce qu’elle a tout intérêt à faire. Lors de cette consultation, les éventuelles séquelles seront à prendre en considération et pourront faire l’objet d’une IPP (incapacité partielle permanente)

Voilà pour l’essentiel. Si par malheur, vous-même ou un de vos proches étaient victimes d’un accident, nous vous conseillons de relire ces quelques lignes ou mieux encore, de vous adresser à notre association qui vous orientera utilement vers un conseiller.

 

Édito   Annecdotes