Les Droits du Piéton en Gironde lutte pour le confort et la sécurité des déplacements à pied

Lettre Bimestrielle n° 4 septembre - octobre 2003

 

Le péage urbain de Londres

A l’instar de Singapour et Melbourne, Londres vient de se doter d’un système de péage urbain qui a été mis en service le 17 février 2003.

L’objectif est de réduire la densité de la circulation automobile dans la zone de 10 à 15 % et les encombrements de 20 à 30 %, d’augmenter la vitesse et la régularité des autobus donc d’inciter les Londoniens à utiliser ces transports publics devenus plus efficaces. En effet, Londres était la ville la plus embouteillée de Grande Bretagne. A l’heure de pointe, il entrait 40 000 véhicules par heure dans la zone maintenant concernée par le péage et les conducteurs passaient la moitié du temps de trajet dans les embouteillages. 

 La zone concernée par le péage urbain 

Elle se situe à l’intérieur de la première ceinture de routes – l’Immer Ring Road, et inclut les quartiers d’affaire (la City), des quartiers commerçants, le Parlement, les ministères, les quartiers des théâtres et quelques zones résidentielles (40 000 foyers s’y trouvent). C’est le cœur même de Londres. Cette zone couvre 21 km2, soit 1.3% des 1 579 km2 de cette agglomération, qui est bien plus étendue que Paris.

   Comment cela marche-t-il ? 

Le péage s’applique du lundi au vendredi, de 7h à 18h30. il en coûte 5 ₤ (8.5 euros) avec des modalités de paiement dont il sera parlé plus loin.

Il ne s’agit pas d’un péage à guichet, mais d’un péage électronique qui n’entrave en rien le flux de la circulation et qui repose sur un système très sophistiqué de caméras optiques. Lorsqu’un véhicule entre dans la zone, un des 203 caméras lit sa plaque d’immatriculation, l’entre dans une base de données, ce qui permet de vérifier si le péage – qui se paye à l’avance – a été acquitté. Si oui, le numéro d’immatriculation est effacé, sinon il est enregistré et le conducteur a un certain délai pour se mettre en règle.

Outre les caméras fixes, des caméras mobiles patrouillent la zone.

Une fois à l’intérieur de la zone, le conducteur peut ressortir, y entrer de nouveau, s’y déplacer tant qu’il veut dans la journée. 

 Comment paie-t-on ? 

Normalement, on doit payer à l’avance pour la journée. On peut payer :

            - par téléphone (numéro spécial)

            - par Internet

            - Par portable. Une fois qu’on est enregistré, il suffit d’envoyer un code de 4 chiffres par texto

            - chez les détaillants habilités (maisons de la presse, station-services) signalés par un logo spécial

            - par courrier, en utilisant un formulaire. 

On peut payer à la journée, pour plusieurs jours, au mois ou à l’année.

Il y a des exemptions pour les deux roues, les taxis, les bus, les ambulances et véhicules sanitaires, les pompiers et véhicules de service, les véhicules transportant des handicapés. Les véhicules utilisant des combustibles non polluants, seuls ou en combinaison avec essence ou diesel, peuvent demander à être exemptés, selon des critères bien définis.

Quant à ceux qui résident à l’intérieur de la zone, ils ont 90 % de réduction lorsqu’ils s’y déplacent.

On doit payer avant 10h du matin. Si on paye entre 10h et minuit, cela vous coûte 10 ₤, soit le double. Si on n’a pas payé à minuit, on sera passible d’une contravention de 80 ₤, qui est réduite à 40 ₤ si on s’acquitte en moins de quinze jours.

Si on ne paye pas les amendes, gare au sabot de Denver ou à l’enlèvement ! 

 Le bilan provisoire 

Selon le communiqué officiel du Ministère des Transports (daté du 20 mai), les résultats sont « très encourageants » :

a l’intérieur de la zone, la vitesse de circulation est passée de 15 à 18 km/h

il y a une réduction de 20 % du flot de véhicules entrant dans la zone

en ce qui concerne les autobus, dont le nombre avait été augmenté, ils enregistrent une hausse de 14 % du nombre de leurs passagers

le temps d’attente des voyageurs a été réduit d’un tiers

la durée moyenne du trajet des autobus est tombée 46 minutes à 46. 

Donc les autorités estiment que le but premier, décongestionner le centre de Londres, a été atteint.

Un journal, opposé au système ( Evening Standard) se fait l’écho d’effets pervers :

baisse du chiffre d’affaire des commerçants dans la zone, surtout des chaînes qui ont des magasins ailleurs (Conran Shop, John Lewis). La fermeture pendant plusieurs semaines d’une ligne de métro desservant la zone rend toutefois difficile l’appréciation de cet effet.

Les petits malins garent dans des zones immédiatement voisines pour éviter de payer, au grand dam des résidents qui ne trouvent plus de places … On envisage des zones dissuasives pour parer à cela.

Édito   Grand contournement  Péage urbain